DEB TEXTE -->BROCARDÉS par
l’opposition, qui moque la «
disparition » du premier ministre, l’action
et le style de François Fillon sont approuvés par les
Français. Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI,
72% des sondés considèrent que le choix de
François Fillon comme premier ministre est un «bon
choix ». Soit une progression de 11 points par rapport
à l’enquête effectuée la veille de sa
nomination.
Le premier ministre a notamment convaincu les électeurs de
François Bayrou, qui l’approuvent à 78%. Il
gagne également 10 points à gauche. François
Fillon profite donc, lui aussi, de l’état de
grâce. Et cela malgré la déconvenue du second
tour des législatives. Malgré, aussi, les erreurs de
communication sur la TVA sociale.
Certes, cette approbation de l’opinion est un classique pour
les premiers ministres qui ouvrent une législature. Pierre
Mauroy en 1981, Alain Juppé en 1995, Jean-Pierre Raffarin en
2002, ont tous été approuvés par
l’opinion. « Les Français
découvrent une nouvelle personnalité à
Matignon, ils ont en général un jugement positif sur
elle dans les premiers mois. Alain Juppé est celui qui a
décroché le plus tôt, cinq mois après
son installation, en octobre 1995 », rappelle Bruno
Jeanbart, pour l’Institut OpinionWay.
En le jugeant « compétent » à
72%, les personnes interrogées plébiscitent les
fondamentaux du style Fillon : le sérieux
et la pondération. Mais le premier ministre semblait
souffrir d’un déficit d’image par rapport
à Nicolas Sarkozy : avait-il, lui aussi,
l’énergie nécessaire pour réformer
? 64% des sondés le jugent capable de le faire, soit
une progression de 12 points par rapport au 16 mai dernier.
À force de marteler qu’il faudra mener les
réformes « jusqu’au bout
», le premier ministre a rattrapé une partie de son
retard sur ce sujet. L’urgence des réformes emporte
d’ailleurs l’adhésion des sondés,
à 67%.
Mais la nécessité, affirmée par
François Fillon devant les députés, de
« repenser de fond en comble le modèle social
français », ne soulève pas
l’unanimité. On retrouve en partie le clivage entre la
droite et la gauche, même si seulement 39 % des personnes
interrogées se prononcent contre cette refonte du
modèle social.
« Coller à la roue du président
»
Le débat sur le rôle du premier ministre est, lui
aussi, tranché par les sondés dans le sens voulu par
le couple exécutif. Quand François Hollande demande
à François Fillon : « Quelle est
exactement la tâche qui vous revient ?
», les Français ne suivent pas le premier
secrétaire du PS. Ils sont 54 % à juger que cette
question n’est pas pertinente. Car, pour une large
majorité d’entre eux (67 %), la mission du premier
ministre est d’abord d’« appliquer le
programme du président de la République
». Et ils sont seulement 32 % à attendre du premier
ministre qu’il « détermine et conduise la
politique de la nation », selon la formule de
l’article 20 de la Constitution. Plus
présidentialistes que le président, les sondés
considèrent que
l’« hyperprésidence »
est une bonne chose, car « cela permet au
gouvernement d’ être plus efficace ».
Seulement 37 % d’entre eux estiment que le
président de la République a trop de pouvoirs.
Un jugement qui est aussi, en creux, une condamnation de la
présidence Chirac. Les Français ne voulaient plus
« un président qui se contente de commenter la vie
politique sans en être vraiment un acteur »
, constate un sondé. C’est aussi une
légitimation du positionnement assumé de
François Fillon, en fidèle second. Les personnes
interrogées souhaitent un « président qui
gouverne » , selon la formule souvent citée par
Nicolas Sarkozy. Et le débat interne, à Matignon,
entre ceux qui souhaiteraient voir le premier ministre
« exister plus », et ceux qui ont
choisi de « coller à la roue du
présiden t » est donc, lui aussi,
tranché par les sondés.
Même si cela se fait au détriment du crédit
politique à long terme de François Fillon, dont
certains, dans son entourage, redoutent qu’il
ne perde la liberté de ton qui lui avait permis de
s’affirmer après avoir été
« viré » du gouvernement Villepin,
en mai 2005.
le figaro